J'Irai marcher
sur les Toits

À l’affiche

Etat des choses

Avril 2020

J’Irai marcher se conjugue au futur, comme toujours.
Sur les toits: Qui eût cru qu’un virus nous contraindrait à quitter les plateaux et à nous réfugier là-haut?

Le Festival Traverse! programmé en juin est reporté à la fin de l’été pour cause de Covid 19 — cette pandémie si mal dénommée « guerre » comme le souligne l’écrivaine indienne Arundhati Roy (Le Monde du 6 avril), puisque ce ne sont pas les chars qui l’arrêteront. Rendez-vous donc fin août avec quelques réserves: vers un report possible

C’est terminé hélas, pour « La petite fille et le corbeau » de Daniel Lemahieu, à Bougon et à Pamproux.

On garde La Semaine du Feuilleton en partenariat avec Aqua Libris dans le cadre du Festival des Littératures Européennes de Cognac. Le thème en est l’Espagne. A voir dans la rubrique « En projet ».

A l’horizon il y a « Le Cartographe » de Juan Mayorga, en co-production et en co-réalisation avec la Compagnie La Traverse* et son metteur en scène Hervé Petit.
En décembre au Théâtre de l’Opprimé, à Paris.
* NB: homonyme et non pas synonyme du festival du même nom en Haut Val de Sèvre

A voir

En attendant la reprise, J’Irai marcher sur les Toits vous donne à voir sa production cinématographique sur le travail de la peintre Annie-Paule Thorel: ce sont 21 minutes de calme et de concentration.
Le film a été présenté en 2019 à Paris dans le cadre du Festival International du Film Documentaire Après Varan. Il est hébergé par Mina Rad, que nous remercions bien sincèrement.

– Présentation: Toujours le spectateur voudra qu’on lui dise ce qu’il va voir
– Voir le film: Annie-Paule Thorel – 2007

La quête d’une expérience quasi alchimique

« … La posture artistique d’Annie-Paule Thorel oscille entre une soumission à la contingence matérialiste de la matière et une conception savante : « Ce que poursuivent parallèlement chercheurs scientifiques et artistes c’est cette part de l’irréductible dans la représentation du monde », dit-elle.
Que voyons-nous dans ces œuvres ?
Un ensemble de formes parentes dans leur genèse, leur texture libérant la lumière captive, formes cependant parfaitement individualisées révélées dans une présence sans violence. On perd le sens de l’échelle : météorite, grain de poussière ou groupes d’atomes qui recèlent leur programme en devenir ?
Le mystère d’une présence c’est sans doute cela que l’on voit : des particules de matière déposées ou comme en suspens, des surfaces qui semblent flotter comme en devenir sculptural, ou stabilisées en une composition abstraite… »

Christiane Clairon-Lenfant (extrait de catalogue, 2007)

l’échelle de corde
s’est défaite sur le sable
elle tendait vers les étoiles
elle a touché la réalité
ballottée à marée haute
délaissée à marée basse
salée sablée corde rêche

G. L., 27 mars 2020

 

Retour sur soi
Descente de vie sociale
et ré-observation du monde
Les compétiteurs
sont en panne
et les compétitrices
se calment

Bataille avec soi-même

Pensées pour de chers disparus d’hier
dans l’acte de leurs
générosités telle Anne
Dufourmentelle
et la complexité d’elles
Ces vies
échappées des prises du pouvoir

Sur soi quand le retour se fait
gagne le soin de l’esprit
désaffecté du rire d’injonction
et du commerce du sourire fait
Et refait

Le divertissement a trouvé
ses limites
Il est grand temps de lire
Et lire en profondeur
ce qu’est le monde en son état
devant sa vérité

Le partage de lire

G. L., 15 mars 2020