J'Irai marcher
sur les Toits

Alexis Judic, Saint-Nazaire, juillet 2020

À l’affiche

Culturellement vôtre

Il n’y aura pas d’après-Covid mais rien ne sera comme avant non plus.

J’Irai marcher sur les Toits vient de perdre un de ses premiers et fidèles adhérents. Notre ami Joël Benoist, spectateur passionné de théâtre, est décédé le 18 février. Nous adressons nos condoléances à sa famille. Et nous gardons le souvenir de sa participation à nos lectures-spectacles, tel « Les Aveugles » de Maurice Maeterlinck. Car Joël aimait les textes en homme du peuple intelligent et sensible.

Mais rien ne sera comme avant non plus, du fait d’une transformation de la culture valant parfois désertification et perte de sens. La faute au Covid ? En partie seulement.

La Cour des Comptes s’est récemment exprimée non pour réduire les budgets mais pour alerter sur le défaut de vision en matière culturelle, pointant entre autres « un saupoudrage des aides selon une politique de guichet et de droits acquis » et une logique d’abonnement [aux subventions], dépourvue de critères de qualité » (Recentrer les missions…) . L’évolution du numérique ne plaide pas non plus en faveur de la culture qui devient un décor pour des expériences ludiques (cf. Le Monde du 18 février 2022) . Où l’on retrouve la valorisation de l’animation pour l’animation. Dommage, si l’on veut bien encore admettre avec Freud que « la culture est le développement nécessaire qui mène de la famille à l’humanité » (in « Le Malaise dans la culture », 1930) ou si l’on reconnaît avec la Cour des Comptes que « les perspectives du vivre-ensemble soulèvent maintes questions d’importance, qui sollicitent des réponses dont la culture paraît être une composante incontournable ». Mais c’est ainsi. Quand hier la culture portée par des pionniers tendait à l’émancipation de tous, aujourd’hui le divertissement prend la place de l’essentiel pour nous divertir de penser.

Il nous reste l’espace étroit de la réflexion partagée pour la modeste ambition d’un échange intelligent et néanmoins jouissif sur la question de la représentation et du « beau » quoi qu’on en dise – dans la mesure où l’on n’aperçoit pas encore le génie de son contraire.

Nous avons commencé à recomposer, en 2021, l’espace culturel qui nous est imparti grâce à « Choses Lues ». Les numéros 0 et 1 ont répondu à nos attentes malgré les fortes contraintes pesant sur l’accueil du public. Nous renouvelons l’expérience en 2022. Nous en adaptons aussi le principe pour un travail en convention avec le Collège Louis Merle de Secondigny, qui concerne deux classes de 3è.

Nous ne saurions oublier les années formidables de création de textes contemporains portés superbement par les classes de CM2 de l’École de Pamproux devant des salles pleines. Un travail qui n’a pas eu d’équivalent sur ce territoire.

« Et c’est ainsi qu’Allah est grand » disait, au XXè siècle, Alexandre Vialatte en signant ses chroniques auvergnates dans le journal La Montagne. Mais nous avons changé d’époque. Celle-ci est toute à inventer humainement ! Culturellement, en somme.

Choses Lues mode d’emploi

La référence implicite à « Choses vues », recueil de notes et de mémoires de Victor Hugo publié à titre posthume, n’est pas fortuite. Le rapprochement Choses lues/Choses vues n’est pas une simple concordance de sonorités. Il part du postulat que ce que nous lisons, et qui retient notre attention, parle de nous et du monde.
Ce projet s’adresse à tous les adhérents et lecteurs qui se manifestent spontanément auprès de J’Irai marcher sur les Toits ; mais aussi à tous lecteurs usagers des services des bibliothèques ou des établissements scolaires. Il repose en grande partie sur une activité numérique en ligne, via le site de J’Irai marcher sur les Toits et une plateforme à créer. Les lecteurs participants font part d’une lecture qui a été marquante pour eux et en communiquent un fragment. De fragment en fragment on arrive à une somme de textes permettant de réaliser une cartographie de sensibilités littéraires et d’aboutir à une restitution publique. Allons-y!
Cette aventure littéraire collective accueillera les partenaires culturels intéressés au développement actif du livre, de la lecture, de l’écrit, et de leur médiation sensible.
Pour plus d’informations, merci de contacter J’Irai marcher sur les Toits avec le formulaire ci-dessous.

 

JOËL

Il habitait Pamproux, il était membre de J’Irai marcher sur les Toits, on le voyait partout où se jouait du théâtre et du bon.

Joël Benoist

Joël Benoist, dans « Les Aveugles » en 2013 à Cherveux

Rétrospective

Par Marie Nicollas

Marie Nicollas raconte avec entrain J’Irai marcher sur les Toits