J'Irai marcher
sur les Toits

Alexis Judic, Saint-Nazaire, juillet 2020

À l’affiche

Choses lues

En temps de Covid, ce brutal effet de nature et de civilisation, c’est la définition même de culture qui s’effondre. Essentiel, pas essentiel, telle est devenue la question. Mieux vaut être précis. Depuis que le philosophe allemand Georg Simmel* l’a mis en évidence, on sait que toute appropriation culturelle appelle une subjectivité qui se confronte à de la réalité objective pour permettre à l’individu d’atteindre à une unité de lui-même; à ce vers quoi il tend: la réalisation de soi. Or ce n’est pas l’occupation du temps de cerveau resté libre, par le divertissement industriel, qui permet cet accomplissement.
Pour se cultiver il ne s’agit pas de subir ou de consommer. L’oeuvre artistique, même modeste, est le vecteur qui, sans faux-semblant ni démagogie, permet une confrontation intime au réel. Des oeuvres même modestes peuvent contribuer à « nous élever à la perfection de nous-mêmes ». Mais cela ne peut pas advenir sans cet effort de réalisation par lequel chacun tend, dans la dimension culturelle, vers une unité de soi-même. C’est ce que J’Irai marcher sur les Toits a tenté de faire avec tous les publics qu’elle a rencontrés, plaçant dans l’arène des contenus solides auxquels se confronter dans la joie du travail accompli. Et cela faisait sens dans la compréhension du monde. Rire, émotion et convivialité aujourd’hui mis à toutes les sauces dans ce qu’on prétend être de la politique culturelle, tiennent leur place dans J’Irai marcher sur les Toits comme une résultante de l’action commune.
Certes empêchés en 2020, au point que nous n’avons pu honorer qu’un seul rendez-vous public en été, nous revenons en 2021 avec plusieurs projets dans la lignée de notre savoir-faire. Mettons tout de suite l’accent sur le premier, dont la mise en oeuvre ne nécessite pas d’attendre que les salles s’ouvrent de nouveau au public. Il a pour titre Choses Lues.

* né à Berlin en 1858, mort à Strasbourg en1918. Auteur de La tragédie de la culture.

 

 

Choses Lues mode d’emploi

La référence implicite à « Choses vues », recueil de notes et de mémoires de Victor Hugo publié à titre posthume, n’est pas fortuite. Le rapprochement Choses lues/Choses vues n’est pas une simple concordance de sonorités. Il part du postulat que ce que nous lisons, et qui retient notre attention, parle de nous et du monde.
Ce projet s’adresse à tous les adhérents et lecteurs qui se manifestent spontanément auprès de J’Irai marcher sur les Toits ; mais aussi à tous lecteurs usagers des services des bibliothèques ou des établissements scolaires. Il repose en grande partie sur une activité numérique en ligne, via le site de J’Irai marcher sur les Toits et une plateforme à créer. Les lecteurs participants font part d’une lecture qui a été marquante pour eux et en communiquent un fragment. De fragment en fragment on arrive à une somme de textes permettant de réaliser une cartographie de sensibilités littéraires et d’aboutir à une restitution publique. Allons-y!
Pour plus d’informations, merci de contacter J’Irai marcher sur les Toits avec le formulaire ci-dessous.

 

Une collaboration dynamique

Artiste plasticien, Alexis Judic a rejoint l’équipe de J’Irai marcher sur les Toits et installé à Paris la scénographie — conçue à Augé — du spectacle « Le Cartographe », qu’il signe avec Christiane Clairon-Lenfant.
Pour faire connaissance avec Alexis, voir son dossier artistique

LE CARTOGRAPHE, de Juan Mayorga, mise en scène Hervé Petit, au Théâtre de l’Opprimé (Paris XIIè), avec ici Charlotte Pradeilles et Nicolas Thinot. Photo Alain Brisse – 2020